photo : site Théâtre d'O Les acteurs sont là quand on arrive. En tenue de sport, plutôt
ringards. Ils tournent en rond, nous regardent, nous sourient.
Ils commencent par bouger, un peu agités, puis commencent à raconter. Ils font des pauses, se passent la main dans le silence. Ils s'adressent à nous, personnellement, attendent notre réponse puis
poursuivent. Histoires d'image, de poses, l'un devient fou, bloqué par le mot "moi", le déclamant sur tout les tons au sens propre (belle scène), l'autre se croit sage boudhiste, un autre croit
conduire une soucoupe volante...
Ils nous parlent, c'est rassurant. Ils racontent leur folie, leurs rêves ou les rêves. Ils sont à l'aise dans leur présence, quand l'un parle, les autres, répartis dans l'espace,bougent leurs
membres ou viennent soutenir l'orateur, le faire bouger.
Le texte est léger, en souriant des lieux communs, l'accord est parfait entre les éléments : acteurs, paroles, espace et rythme, surtout le rythme.
Entre amateur (il ne s'agit pas là d'un manque de professionnalisme) et professionnel, mise en scène légère, sans complexe, bien droit dans ce théâtre actuel. Proche, direct. Pas triste, peut-être
noir (mais ça ne se voit pas), mais rigolo et en mouvement.