commentaires d'expositions et de spectacles
Très belles images que ces deux grands triptyques accrochées sur un fil.
Photos très sombres dans tous les sens, alignées dans de petits cadres. Photos sans âge, sourdes, contenant une extrême densité. Une nouvelle histoire est racontée avec cette expo
rassemblant différentes périodes et différents projets et différents lieux.
Premières photos en couleurs pour E. Richards, c'est une balade nostalgique, surréaliste, esthétique dans les maisons américaines isolées, abandonnées.
Elle dessine au fusain des négatifs photos, des négatifs comme des intermédiaires avant l'image. On voit des lampes, des tunnels, là où se retrouvent ensemble la lumière et la
nuit.
Enfin une volonté visible de mise en place spécifique dans le lieu-même d'exposition !
Simple diaporama en triptyque, on voit des photos de jeunes filles, de femmes, d'enfants, famille de la photographe, avec des maisons, des paysages (photos réalisées sans doute avec un
appareil quelconque puisqu'elles sont sans qualité, assez floues). Presque rien, des photos du quotidien dont il ressort un bonheur naïf, comme la représentation d'un idéal. On s'y laisse
prendre, à regarder ce diaporama paisible (?).
Passionnant !
Partant de photogrammes de films abimés, E. Rondepierre obtient des images à la fois proche de leurs matières et s'éloignant du monde sensé être représenté.
Louise Narbo réalise des noirs et blancs assez primitifs avec une écriture qui
passe au travers de l'image.

Alexander Gheorghiu semble vouloir remplir ses photos, plein de matières, plein de couleurs, des reflets afin de superposer les couches. Et ça
tient bien en place.

Inscrite dans le reportage, elle prend comme matière ses déplacements en Afrique
et en Amérique du Sud. Encore une fois se pose la question du rapport entre esthétique et reportage. La photo doit-elle, peut-elle donner une vision du monde et se poser la question de son
esthétique ? Cette question de l'esthétique ne met-elle pas forcément de côté le sujet lui-même ?

Une salle aérée, des tableaux photographiques accrochés haut avec un texte une fois en français, une fois en anglais.
Photos réalisées en cabine de projection, à travers la vitre qui sépare de la salle. On y voit les traces de nettoyage, les poussières, l'image est floue.
Bourcart m'avait marqué par ses portraits de rue ou de personnes au volant, silhouettes solitaires, profils, ombres, toujours à travers une
surface plus ou moins opaque. Photos que je retrouve ici avec plaisir.
J'ai ici l'occasion de revenir sur les photos de D. Darzacq "Hyper". Des corps sont en apesanteur ou entre deux eaux dans des rayonnages d'hypermarchés, lieux communs à tous.