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commentaires d'expositions et de spectacles

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"L'effet de Serge" de Philippe Quesne

au théâtre de l'Université Paul Valéry "La Vignette"
à Montpellier

le 04 février 2009








Après l'impression mitigée de "La Mélancolie des dragons", je suis allé voir sa pièce précédente.







Nous sommes encore une fois dans un décor parfait. Cette fois, c'est une pièce en placoplatre avec une petite baie-vitrée, une porte à gauche, et une table de ping-pong au fond à droite avec des choses en bazar derrière et sur cette table. Derrière la baie, on peut voir quelques branches de pin donnant l'illusion d'une haie. On se trouve dans un garage en train d'être aménagé en studio, ou dans la pièce principale d'un petit pavillon.






© Vivarium Studio

La pièce commence par la fin de la pièce précédente de Philippe Quesne, en tout cas, c'est ce que nous dit le personnage qui entre par la baie en tenue de cosmonaute, dans le noir. Il va nous décrire l'espace et ce qui s'y trouve. Il va, par exemple, soulever la moquette et nous dire qu'elle n'est pas encore collée et que Serge peut passer dessous (ce qu'il fait lui-même), ou se coucher au bord et s'en servir de couverture (ce qu'il fait aussi).












Photo (C) Argyroglo Callias Bey

Serge (Gaëtan Vourc’h) arrive, il va se déplacer mollement dans l'espace tout au long du spectacle. Il s'installe, prend un verre de vin, des chips, regarde la télé, commande une pizza jusqu'à ce qu'un copain arrive pour voir un petit spectacle réalisé par Serge. Le copain part après deux-trois mots de félicitations et la promesse de revenir un prochain jour pour un nouveau spectacle.
Le spectacle dont il s'agit est, par exemple, sur une musique de Haydn, le déplacement en rythme autour de la pièce d'une voiture télécommandée cachée sous un carton. Ca dure 30 secondes. Le clou du spectacle, quand il y a huit de ses copains présents, c'est le déclenchement par fils de deux petites boîtes remplies de souffre. Serge a l'un des fils à la main et l'autre au bout du pied, ce qui donne une sorte de gymnastique qu'il renouvelle donc deux fois.

La vie de Serge est à la fois désespérante et comique, ses minis spectacles ridicules, ses relations avec ses amis se limitent à un verre, un remerciement et à un prochain rendez-vous. Ces amis semblent apprécier cela, reviennent, disent à chaque fois un petit mot personnel, chaleureux. A la fin, une fille semble vouloir rester pour quelque chose de plus avec Serge, mais celui-ci la raccompagne, la met dehors au plus vite.

Est-ce une métaphore sur le "Spectacle", chose ridicule en soi, qui fait venir des amis pour quelque chose qui n'est pas de l'ordre de la relation, plutôt de l'ordre de l'exhibition narcissique, comme une demande d'amour déviante, dans une posture (de l'artiste) qui met une distance à l'autre ?


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