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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 20:03

Festival Avignon 2011

Salle de spectacle de Vedène

24 juillet 2011
17h00

NOTE PERSONNELLE: 5/5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

violet12Chris-Van-der-Burght.jpg

photo: Chris Van der Burght

 

 

 

On est prévenu, mise à disposition de bouchon d'oreille pour le son. Mais ça a été, c'est surtout la permanence de ce fond sonore qui est agressif. Faite par un homme assis, devant un bureau, un ordinateur et une percussion. Il semble faire son affaire dans son coin (alors qu'il est au bord de la scène), sans rapport, sans un regard et une musique détachée, qui va monter en puissance, donc, pour rester longtemps à plein régime, redescendre jusqu'au silence. Puis, ça reprend doucement. Voilà l'aspect sonore.
Ça commence donc en silence, les cinq danseurs sont au fond de la scène, en ligne, devant un grand mur de tôles brillantes plus ou moins cabossées.
Ils commencent à bouger, l'un une main en faisant tourner son poignet sur lui-même, l'autre en faisant faire à ses bras un mouvement de marche, une troisième se mettant les mains devant le visage, doigts écartés, paume vers ce visage, faisant faire à ses mains un mouvement d’essuies-glace, un autre profitant de son envergure immense, faisant bouger ses bras vers l'extérieur, parfois en pliant le coude.
Ces mouvements, au départ timides, s'élargissent de plus en plus. Il s'agit bien de mouvements de base qui vont être développés, répétés mais en variant après quelques allées et retour.
Il n'est pas question de dérouler une histoire chorégraphique dans le temps, mais de faire des variations de ce mouvement simple.
La ligne de départ se détache, les mouvements entrainant vers l'avant, à gauche, à droite. Chacun reste dans son monde, chacun bien différencié dans sa gestuelle.
Et puis, chacun se déchaine, poussé par la musique ou par son propre élan, on arrive à une sorte de Transe, de mouvement perpétuel, l'un, les bras en avant et les fesses en arrière se met à tourner sur lui-même, une autre, les pieds fixés au sol, les bras hauts, les mains enlacés (comme on se serre les mains), fait aller d'un côté et de l'autre ses hanches et surtout ses épaules, sa queue de cheval fouettant ses bras à chaque mouvement. Cette dernière m'a paru magique, comme un geste soufis qui marchent en procession en chantant et en se fouettant le dos en rythme, comme les Derviches qui dansent en tournant sur eux-mêmes.

Je n'avais jamais vu cette énergie déployée sans but narratif, là comme une présence ensorcelante, le corps se déployant pour son plaisir.

Ils vont, à un moment, rouler les uns sur les autres, les cinq ensembles pour faire le tour de la scène.

Le 24, les applaudissements ont été timides, je ne pense pas que mon avis soit beaucoup partagé!


C'était pourtant une ouverture, du neuf, dans la forme mais aussi dans la non-temporalité, un bonheur trouvé aussi, presque de la même manière dans "... Du Printemps" de Thierry Thieû Niang et Jean-Pierre Moulères (commentaire plus bas).

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 22:17




Festival Avignon 2011

Cour du lycée Saint-Joseph
vendredi 22 juillet à 22h00

 

 

NOTE PERSONNELLE: 1/5

 

 

 

verret-copie-2

photo: Brigitte Enguerand

Vu il y a deux jours, déjà le souvenir s'estompe.
Des images videos aux murs, des personnages qui crient aux micros, ils dansent, bougent beaucoup, le son est fort, il y avait du vent ce soir-là dans la Cour. Jeu de transparence, de reflets, quelques belles scènes d'acteurs. Ca part un peu dans tous les sens, tout paraît fait un peu à l'arrache par des personnes ni acteurs ni danseurs. Comme la musique qui est dans un registre proche, entre deux. Seul un des performeurs avait une attitude particulière, fière, saccadée. C'était un peu perdu dans l'ensemble.
Ca aurait pu prendre, mais ça ne marche pas, pour moi. Les matières (videos, sons, performances) me semblent déjà anciennes, pas vraiment tournées vers l'avant.

 

 

 

 

 


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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 21:52

 



Festival Avignon 2011

Opéra-Théâtre
le vendredi 22 juillet 2011 à 19h00


NOTE PERSONNELLE: 3/5

 

 

 

 

 

 

 

castelluci.jpg

Intérieur réaliste. Au fond une peinture géante d'un visage du Christ.
Un père est là regardant la télé. Le fils arrive et va devoir s'occuper de son père incontinent, va devoir le torcher, nettoyer les dégats. Par trois fois le père chie dans sa couche, et ça déborde, bien sûr. Le dialogue est ce qu'il doit toujours être dans ces cas-là: excuse-moi, ce n'est rien, ne t'excuses pas surtout, ah putain!
Pendant cette scène, une odeur de merde monte jusqu'à la deuxième galerie.
Cette scène se termine, le père assis dans sa merde au bord du lit après y avoir déversé un bidon de même substance.
Après nettoyage, des enfants entrent et se mettent à lancer des grenades, sorties de leurs sacs, sur le visage du fond. Les grenades n'explosent pas mais font cependant un gros bruit. Le visage reste toujours impasible.
Enfin, le visage reste seul en scène, il commence à se déformer, du liquide coule, des hommes sont derrière et commencent à déchirer l'image. Apparaît pour finir le mot: "Tu es mon berger", puis on voit mieux: "Tu n'es pas mon berger".

Le programme de ce spectacle est intéressant, il répond à quelques questions, explique par exemple, que l'incontinence montre le père qui se vide, une perte de substance, une perte de soi, à mettre en parallèle où le Christe se vide, perd sa divinité et devient homme pour mourir sur la croix. Il explique aussi que le déchirement de l'image du visage du Christ n'est pas un geste iconoclaste mais une volonté de passer outre, de chercher un passage.

Je ressens ce spectacle comme formellement bien construit, avec trois parties très différentes, à relier ou non. Ce qui est laissé à l'appréciation de chacun. La partie provocante est on ne peut mieux placée dans cet Opéra Classique. Il aurait sans doute été déplacé dans le Palais des Papes.

C'est une pièce qui n'est pas plaisante (à part le côté provocant), qui est claire et obscure, qui restera à l'esprit comme un sujet de réflexion.

 

 

 

 

 

 


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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 18:59



Festival Avignon 2011

Gymnase du lycée Mistral
22h00, le 19 juillet 2011

NOTE PERSONNELLE: 4/5

 

 



low-pieces-photo-vincent-cavaroc.jpg

 

photo-vincent-cavaroc

 

 

 


En entrant dans la salle, les dix danseurs sont assis par terre, en ligne au bord de la scène. Ils sont habillés simplement avec des couleurs  printanières.
Xavier Le Roy fait partie des danseurs. Il nous annonce que nous commençons par quinze minutes de conversation et qu'à la fin de ce temps, le noir se fera.
Évidemment, le public pose des questions, ma voisine dit que ce n'est pas ça une conversation. Les gens s'énervent mais personne ne part, bien sûr, on n'a rien vu encore!
-Est-ce que c'est de la non-danse ?
-Comment le projet a démarré ?
-Comment se sont fait les rencontres ?
-Est-ce encore pertinent de casser le quatrième mur ?
-Pourquoi ce titre "Low pieces" ?

Je sens énormément dans les questions les différents degrés de culture vis-à-vis du monde du spectacle et de la danse. Questions connotées de certaines époques.


Il ressort malgré tout que la tentative est de rapprocher le spectateur du danseur, ou d'en donner l'impression pour changer le regard qui sera porté sur ces danseurs dans la suite du spectacle.
Une personne demande alors pourquoi le public et les danseurs ne sont pas dans le même espace ?!
Si c'est bien ça la volonté, de rapprocher public et danseurs, ce n'est pas évident que le résultat soit ce que l'on pouvait attendre puisque je me surprends par la suite à chercher telle femme vue au début et mettre beaucoup de temps à la trouver parmi tous les corps devenus anonymes du fait de leur nudité.
Mais, pas de problème, Xavier Le Roy cherche, le résultat est différent de ce que l'on pouvait attendre, et c'est tant mieux. D'ailleurs, le résultat sera  différent d'un soir à l'autre, certainement. Mais, ça a en tout cas un effet!

Donc, le noir se fait, il dure très longtemps (trop longtemps ?), puis nous découvrons un groupe nu, au sol, arrangé de façon harmonieuse. Ils ont des écouteurs (pour le rythme. Nous, on n'entend rien). Chacun bouge une partie de corps, l'un une main, l'autre tourne la tête, un troisième déplie et replie une jambe. Très peu de mouvement, cette blancheur de la peau (j'aurais du demander s'il leur avait été interdit, pour cette pièce, de prendre le soleil!). Beau tableau.

Puis, Noir absolu, longtemps!
Les gens commencent à s'agiter, à parler.

Tout cela se passe en silence. Sauf à un moment, dans le noir, tous les danseurs (on suppose) se mettent à émettre un cri, qui ressenmblerait à ceux d'oies ou encore de cigales.
Autre tableau, arrivée de danseurs à quatre pattes, ils vont imiter des lions en groupe. Il en ressort que ces animaux sont fainéants, ils passent leur temps assis à regarder dans le vide (très belles attitudes, la tête haute, le reagard vitreux, cela dans un temps long, inhabituel pour un humain), ils se laissent tomber, les pattes arrières faisant un mouvement en l'air avant de s'écraser. Ils se croisent aussi, se frottent, tombent aussi l'un sur l'autre comme s'ils ne s'en rendaient pas compte. Ils imitent aussi très bien la respiration, plus rapide que nous et très visible par le gonflement du ventre.

Noir, encore!

Là, ils sont quatre ou cinq, dans des positions de pierres, on les voit respirer, à peine, ils ne bougent pas durant toute la scène. Bizarrement, c'est agréable aussi.

Noir, puis annonce d'un quart d'heure de conversation dans le noir.
Là, ça ne va plus dans le public. Certains veulent partir mais c'est impossible dans le noir, certains demandent de l'air, d'autres de l'eau, de la musique, du thé! Un fou furieux dit qu'il ne faut pas se prendre pour Merce Cunningham, il poursuivra avec d'autres références, avec Pasolini et même Fassbinder. Un lui dit qu'il peut partir, celui-ci répond qu'il ne veut sûrement pas se soumettre. Dans ces cas-là, on ne sait jamais qui est le plus bête entre celui qui dit une connerie et celui qui répond. Ces conversations sont tellement prises à froid, uniques, qu'il n'en sort pas grand chose de plus. Je lis dans une critique que Xavier Le Roy a répondu à cette occasion (un autre soir) que la musique qu'ils avaient dans les écouteurs lors de la première scène est une composition inédite de bruits d'imprimantes.

La lumière revient, les danseurs sont devant nous, habillés.



 

 

 

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 21:35


J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne
de Jean-Luc Lagarce

par la compagnie Ubwigenge

NOTE PERSONNELLE: 2/5


Espace Roseau
à 14h00, du 08 au 31 juillet 2011

 

 

 

 

 

Ca débute très mal, cinq filles maquillées en blanc vêtues de noir et un garçon habillé de blanc. Les filles se mettent à faire une danse mystique sur des paroles enregistrées et finissent allongées à baiser les pieds du garçon.
Je serais parti si je n'avais pas été au milieu d'un rang.
Mais, après cette introduction un peu longuette, les actrices se mettent à parler normalement, toujours avec leur espèce de masque sur le visage. Là, on entre dans le texte de Lagarce, et rien à dire, ça roule. On ressent la personnalité de chacune, un peu poussées mais ça marche. La mère, la grand-mère et les trois soeurs font entendre leur point de vue du retour si tardif du garçon. La vie est foutue, seule la petite peu encore rêver de partir. Enfin, tout va bien si c'est possible, après avoir passé une vie à attendre.
Beau texte, lisible.


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Julie Telle Que
de Nadia Xerri-L.

avec Shams El Karoui

NOTE PERSONNELLE: 3/5


La Manufacture
à 15h50 jours pairs du 08 au 28 juillet 2011 (relâche le 18)


Une jeune femme n'a pas voulu suivre la famille partie au procès de son frère, accusé de meurtre. Elle nous dit pourquoi, les relations familliales, les semblants de l'innocence de ce frère quand ils sont ensemble, comment elle est arrivée à le faire parler.
Le texte tient la route, il est dit avec beaucoup de convictions, avec souplesse, beaucoup d'intimité.


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La Fête
de Spiro Scimone

par le collectif De Quark

NOTE PERSONNELLE: 4/5


La Manufacture
à 17h20 du 08 au 28 juillet 2011


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photo: Thierry Campanati

Ils commencent sourire au lèvre (je parle pour la femme parce que les mecs ne sourient pas vraiment, et même jusqu'aux applaudissements, celui sur la photo ci-dessus reste stoïque), donc ils commencent debout, face à nous, avec chacun le livre du texte de Scimone qu'ils rapprochent de leurs yeux pour dire le moindre mot.
La femme discute avec son mari, trois phrases sur le quotidien, le troisième personnage dit pause. La scène alors s'arrête, une autre se poursuit tout de suite sur le fils, le respect ou non, la peur ou non, puis pause. Très détaché, le texte dit bien la situation de famille, le père qui craint et qui méprise le fils, le père machiste avec la mère qui sait jouer avec et en sourire. Le fils arrive, ça chauffe, mais une fausse indifférence prend place.
Puis ils installent deux fonds tapissés, sur roulettes, un autre pied avec deux caméras, et deux télés face à nous. Les deux acteurs sont filmés alors de près, ils vont organiser une fête, les trente ans de mariage, avec gâteau au chocolat sous vide et mousseux.
La Fête est une image poisseuse de la famille, joué avec légèreté et énergie, et une nonchalance sympathique.
Ca donne envie de connaître mieux cet auteur et de suivre avec beaucoup d'attention ce que fait ce collectif De Quark.

 

 

 

 

 

 

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 15:59

Festival Avignon 2011

 

 

Cesena
ANNE TERESA DE KEERSMAEKER
Rosas
et BJÖRN SCHMELZER


 

 

NOTE PERSONNELLE: 2/5

 

 

 

Cour d'honneur du Palais des papes
4h30, le 16 juillet 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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photo: AFP-Anne-Christine Poujoulat


Ça commence un peu avant, dans la nuit des rues d'Avignon. Plus j'approche, plus il y a du monde. Forcément, il y a deux mille prévues dans la Cour.
Un café nous attend sur la place du Palais.

En arrivant, on voit que la scène est vide, seul un cercle est dessiné au sol, avec du sable.
Sur scène, ça commence donc de nuit, sans aucun éclairage.
Une voix s'élève, rauque, saccadée. C'est un chant répétitif, redondant, qui interpelle.
On entend un danseur racler le sable, glisser dessus, taper avec les pieds. Un ensemble compact de danseurs fait un pas ensemble, s'arrête, repart pour un pas. Tout ça se devine, s'entend surtout.
Après une demi-heure, on commence à voir ce qui se passe sur scène. Il s'agit d'une vingtaine d'acteurs dont certains chantent divinement et dansent suivant leurs possibilités, ce qui est plutôt rafraîchissant. Tous forment un ensemble et tiennent l'espace de la Cour d'Honneur. Il y a des solos, des mouvements par groupe, par couples. Tout est construit en rapport à la musique entièrement "a capela", sur scène, il y a aussi pas mal de silences, la musique semble construite par le lieu.

Malgré tout cela, ça ne marche jamais pour moi, même si tout paraît fait l'un pour l'autre. Seule la musique vocale est merveilleuse, j'aurais dû enlever de ma tête les acteurs de la scène, garder les oiseaux criant et tourbillonnants dans cette Cour.

Je suis très déçu. Peut-être est-ce à cause de la "Première", peut-être est-ce parce que ce levé de soleil était quelque peu nuageux, peut-être...

Je dois dire quand-même que, là, jamais la danse ne m'a surpris, ne m'a attiré l'oeil.









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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 15:03

Festival Avignon 2011

 

...du printemps
une pièce de THIERRY THIEÛ NIANG
et JEAN-PIERRE MOULÈRES
 

Gymnase du lycée Saint-Joseph
le 14 juillet 2011


NOTE PERSONNELLE: 5/5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Photo, Christophe Raynaud De Lage


Un spectacle!
Une vingtaine de personnes de 60 à 86 ans, tous en  noir, avec une perruque sont au centre de la scène lorsque l'un d'eux commence à courir au plus large, dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. La masse formée par tous les autres danseurs commence à bouger, dans le même sens. Des Dervides, ils tournent, pas sur eux-mêmes, autour du point central du plateau. Ils marchent, se retrouvent par petits groupes, s'arrêtent. C'est une chorégraphie tournante. L'homme seul continue son marathon, il ira ainsi jusqu'à la fin du spectacle. Un, s'arrête, reste appuyé contre un pilier, regarde les autres poursuivre.
Il ne se passe rien d'autre, ils vont juste enlever, les uns après les autres, leur perruque, puis leur haut.
Ils vont marcher de plus en plus vite, ils vont se mettre à courir, de plus en plus vite, avec une énergie folle qui vient d'on ne sait où.

C'est hallucinant, il ne faut pas perdre une miette, chaque instant est magique, chacune et chacun est beau, le corps poussé loin.

Ce n'est pas vraiment un spectacle, ce serait comme au cinéma, non pas la fiction, mais le documentaire. Mais non, c'est justement "ça" une oeuvre. Je ne sais comment ils ont accepté ce projet, ni comment ça s'est développé, ni comment ils sont ensemble. On ne voit que la partie spectacle, ils se montrent, avec leur corps en l'état, en plein effort, c'est comme ça, c'est eux, c'est la vie, l'envie de bouger, de faire.

La priorité est à la personne (ils veulent qu'on les nomment: "êtres dansants"). Par exemple, tous ont une perruque au début, sauf une. Certaines iront jusqu'à se dénuder les seins, d'autres se seront arrêtés à leur perruque. Chacun court, marche suivant ses capacités et s'arrête à son rythme, au bout. Ils font des mouvements, bras écartés, les mains sur le plexus, ils s'entraident en mettant la main sur l'autre, en l'accompagnant.

J'ai pensé en les voyant à des Totems, à des masques de l'Himalaya vus récemment.




 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 18:10

Festival Avignon 2011

Gymnase du lycée Mistral


le 12 juillet 2011

 

 

NOTE PERSONNELLE: 3/5

 

 

 



Dans un mini décor imitant le Cloître des Célestins (?!), des personnages avec des masques grotesques, des lutins donc, balancent des tas d'objets sur le plateau. Ils se mettent ensuite à détruire plus ou moins minutieusement ceux-ci. Ils ont des scies pour découper un sac de femme, une peluche de chien, un livre, une hache pour une chaise en plastique, un gorille en polystyrène recouvert de fourrure. Ils s'invectivent en permanence pour se montrer un objet, pour des insinuations amoureuses et sexuelles.
Cette entrée en matière est assez jouissive, on est dans un monde lointain et proche avec des objets et des monstres de tous les jours.
Et puis, l'un d'eux s'ennuie et se met à lire tout haut le livre qu'il a sous la main, Paul Claudel "Le Partage de Midi". Il répète plusieurs fois le nom de l'auteur et le titre, fièrement, ou ironiquement. Ensuite, on aura Olivier Py, Pasolini. La lecture est un régal dans cette ambiance. Une lecture avec une certaine innocence qui porte bien ces courts extraits.

 

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Photos : Laurent Friquet

 

 

 

Et puis leur vie continue, faite d'aventures, ils enlèvent leurs masques, ça devient autre chose...

Après, je ne sais trop qu'en penser, je reste un peu sur ma faim, encore, un peu comme pour Macaigne, où il y a beaucoup d'agitation, il se passe toujours quelque chose mais je finis par perdre le fil.

 

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 09:52



Festival d'avignon 2011

d'après "Hamlet" de William Shakespeare
VINCENT MACAIGNE

Cloître des Carmes

le 11 juillet 2011
21h30

 

 

NOTE PERSONNELLE: 3/5

 

 

 

 

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En photo : Pascal Rénéric dans le rôle d'Hamlet

Je retrouve la scène du Cloître décorée comme jamais. Le plateau est recouvert par de la boue et de l'herbe, des gobelets, des déchets, au fond des landaus années 50, une vitrine avec un squelette, un mannequin cloué sur une armoire, un Algeco vitré au-dessus de la scène. Au fond, sous les arcades, des distributeurs de boissons et une immense table de Fête. Une grande toile blanche sale recouvre la moitié du plateau, un trou au bord de celui-ci, c'est la tombe du père d'Hamlet, encore ouverte, remplie d'eau avec son cadavre qui flotte.
Dès l'arrivée, deux acteurs sont là, l'un chante en criant, l'autre nous regarde méchamment. Le premier n'aura de cesse de nous faire monter sur le plateau, de nous faire chanter et danser.
On est dans l'esprit. Tout au long, Macaigne nous ramène à la situation présente, théâtrale, par exemple quand un acteur tue l'autre au pistolet, l'autre acteur précise dit que ça ne tue pas, que c'est un pistolet de théâtre. Les acteurs courent dans les travées des tribunes, passent dans les rangs, renversent des sacs à main de "spectateurs" au sol.

Les acteurs sont hystériques, crient, courent, se jettent dans cette tombe devenue piscine, il y a un feu d'artifice en papier, la toile finit par se gonfler et devient un immense château blanc tâché du sang "de théâtre" utilisé tout au long du spectacle.

Il n'y a pas une seconde de relâche, tout est plein de boue, de cris, de fureur, de sexe, mais plus ça avance, plus je recule perdant pied et cherchant toujours plus un sens, cherchant à lier Hamlet, ce décor splendide, l'énergie des acteurs, le rapport au monde d'aujourd'hui et à nous, spectateurs.

J'étais devant, le jeu était de se cacher derrière la bâche au moindre risque d'une plongée d'un acteur dans l'eau de la tombe, d'une giclée de sang, ou même d'un gros postillon d'un acteur hurlant à l'avant-scène.

Tout ça pour ça, putain, crevant! Drôle aussi, mais bon.
Enfin, ... je n'ai pas trouvé le liant, et c'est énervant, moi qui adore avant tout la forme, et que ça prenne forme dans la forme. Là, la forme est parfaite, même les acteurs criant pouvait passer ici. Mais rien ne débouche, pas de déclic!

 

 

 

 

 

 


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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 16:56

Festival d'Avignon 2011

 

 

enfant

 

 

NOTE PERSONNELLE: 3/5

 

 

BORIS CHARMATZ

Cour d'honneur du Palais des papes

10/07/2011

 

 

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Photo: AFP PHOTO/GERARD JULIEN

 



Plutôt la fin de quelque chose que le début!

Une grue sur le plateau, lentement, tire les deux premiers danseurs au centre et les suspend, en joue.
Morbide par les costumes tous noirs et les enfants sans mouvement, sans résistance, sans force, sans vie!
Plusieurs moments sont beaux, quand tous les personnages bougent sur toute la scène, soit en vibration au sol, soit en rampant, soit en courses.
Certains se retrouvent torses-nu, on peut voir la beauté différente des enfants avec leurs corps en formation, c'est touchant. Ils jouent le même jeu que les danseurs, mêmes gestes, mêmes développements dans l'espace.
Une cornemuse se met à jouer une note seule vibrante, c'est la grosse invention, là où on a trop entendu des sons industriels répétitifs, le musicien est sur scène, il finit par se faire enlever par la grue, continue à jouer tête en bas. Les danseurs chantent à un moment un chant moyen-âgeux avec leurs possibilités, les enfants aussi se mettent à un moment, à entonner un chant, enfantin, lui.

 

 

 

 

 


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- Sous forme de notes courtes, garder en mémoire spectacles et expos, dans ma situation de spectateur et visiteur amateur.
Mes impressions notées sont toujours subjectives et influencées par mes préoccupations du moment, les commentaires sont des retours de sensations et non des analyses. C'est un exercice qui prolonge la vue  et permet de découvrir encore, après coup, en repensant à ce que j'ai vu, entendu. Ca ne se veut, en aucun cas,  une critique plus ou moins universelle. Je publie ici  pour les gens qui comme moi cherchent quelques retours d'expos ou de spectacles vus.

La "note personnelle" est là pour situer rapidement l'intérêt de l'article concerné.

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